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Retail novembre 2025 : un nouveau modèle émerge entre IA, seconde main et retour du physique

Image générée avec Midjourney
Image générée avec Midjourney

Édito

2025 se referme bientôt sur une série de contrastes saisissants pour le retail. D’un côté, le marché mondial du luxe devrait flirter avec les 1.440 milliards d’euros cette année, selon Bain & Company. De l’autre, plus de 80 députés réclament l’interdiction de Shein en France. Deux mondes qui s'observent, s'affrontent et, nécessairement, s’influencent.

Car le cœur du sujet est là : concilier présence globale et cohérence locale. Le raz-de-marée ultra low-cost inquiète poussant les enseignes historiques à défendre leurs valeurs, parfois devant les tribunaux, pendant que Louis Vuitton exporte son "The Louis" à Shanghai et que les marques françaises rêvent toujours de conquérir l’Inde (et oui, depuis le temps...). Dans le même temps, le retail a découvert que ses murs peuvent être des médias plus puissants que la télé. Bref, cela donne le tournis ou des idées, c'est selon.

Les initiatives se multiplient, entre IA chez Showroomprivé, taxations ciblées sur les colis à petits prix, pop-ups sensationnels ou renouveau textile à la sauce Made in France. Mais une question revient partout : comment garder la main sur la traction client, sans perdre l’âme ou casser les prix ? Le modèle est en train de se reconfigurer. Plus vite qu’on ne voulait l’admettre.

Dans cette newsletter : Une revue du mois des marques qui résistent, des plateformes challengées, des alliances inédites, et des signaux faibles à ne pas ignorer. Sans oublier un détour par les coulisses de l’innovation, entre retail média, denim 2027 et cryptomonnaie. Installez-vous confortablement.


Tendances & signaux marché

Signaux forts (tendances confirmées)

  • Explosion de la mode de seconde main : Le marché atteint 227 milliards $ en 2024, soit +15 % en un an, avec une prévision de croissance annuelle de 10 % jusqu’en 2030 (source : PwC). Les marques de luxe s’y positionnent désormais comme authentificateurs et curateurs, à l’image d’Harrods qui ouvre un corner Rolex de seconde main. Effet miroir : la seconde main devient stratégie de marque.

  • Irruption massive de l’IA générative dans les opérations retail : ShowroomPrivé a concrétisé trois cas d’usage concrets (fiches produits, retouche photo, agent IA), tandis que la Nuit du Commerce Connecté a couronné des projets mêlant IA et expérience client. On n’en parle plus: on le fait et, bientôt, ne pas le faire deviendra presque suspect (On vous a à l'oeil!).


Signaux faibles (tendances émergentes)

  • Retour physique des pure players : Suuupply, Human Made, Vuarnet ou LFDY ouvrent leurs premières boutiques, souvent dans des quartiers très ciblés. Ces ouvertures balisent un retour au physique comme espace d’ancrage identitaire. Le vent tourne : après l’enthousiasme du tout online, place au « tangible cool ».

  • Accélération cadencée contre Shein et Temu : 100 marques, 12 fédérations, des députés, jusqu’à Paris qui interdit ses animations de Noël sur fond de contestation... Le front s’élargit. Taxe de 2€ votée, enquêtes multiples en cours, demande de suspension : tout cela commence à sentir très fort la riposte réglementaire. Quid de la remise en question de notre souveraineté industrielle ?...


Ce que ces tendances nous enseignent

Mutations du secteur

Le retail bascule d’une logique linéaire à un écosystème circulaire et créatif. La seconde main, longtemps cantonnée à l’underground, devient instrument de désir — avec les grandes enseignes qui s’y mettent chic et net. L’IA, elle, n’est plus une promesse mais un levier (déjà déployé) d’efficacité. Discrètement, on assiste aussi à une revalorisation du physique, soigneusement scénographié, comme un point de contact à haute intensité identitaire. Et pendant ce temps-là, les géants du discount à la traîne réglementaire déclenchent une contre-offensive politique qu’aucun acteur ne peut plus ignorer.


Impacts business

  • Modèles économiques : La revente intègre les marges autrement; plus longues, moins linéaires, mais plus fidélisantes. L’IA réduit les coûts invisibles (opé, contenus...), pose la question du ROI immédiat. Et demain ? Nouvelles sources de revenus via curations premium ou services tech x retail.

  • Expérience client : On n’achète plus : on explore, on interprète, on revalorise. La boutique devient galerie, le digital devient assistant. Attention: qui ne personnalise pas ou ne raconte rien, devient transparent.

  • Opérations : L’intégration de l’IA impose une reconfiguration fine : gouvernance des données, montée en compétences des équipes, choix rigoureux des cas d’usage. Quant au retail physique, il exige réactivité logistique couplée à une esthétique millimétrée.


Opportunités & risques

Il y a un boulevard pour créer de la valeur sur les “délaissés” : produits revendus, contenus automatisés, moments ré-enchantés. Les early movers en IA engrangent déjà du gain opérationnel. Ceux qui articulent intimement les mondes physique et digital (phygital smart, pas gadget déco) gagnent en loyauté client. Mais attention : Shein et Temu, ce sont aussi des modes de consommation + une pression prix devenue culturelle. Ne pas se repositionner, c’est se crasher sur la falaise réglementaire ou sur l’indifférence client. À méditer.


Nos conseils aux retailers

Recommandations opérationnelles

  • Tech/Data : Ne courez pas après tous les use cases IA : sélectionnez 3 cas à ROI court, comme le réassort prédictif ou la génération de visuels produits. Pour ça, Shopify + ChatGPT-API + connecteurs IA suffisent pour démarrer sans se perdre en déploiement “labo”.

  • Customer Experience : Arrêtez de penser le magasin comme un point de vente. Imaginez-le plutôt comme une scène où le client vit une marque. Exemples : ateliers, espace galerie, co-création de valeur / produit. Pour cela, plusieurs méthodes : Design thinking (J'en suis FAN!) + écoute terrain (staff magasin = or en barre). Un concept incarné vaut mieux qu’un flagship froid et creux.


Conseil de Humanissue Consulting : Démarrez petit mais démarrez vite sur la seconde main : c’est moins un “canal” qu’un nouveau langage client. Si vous n’en parlez pas, vous devenez inaudible.


Et maintenant ?

Entre IA concrètement activée, retail physique de retour et seconde main stratégique, cette édition vous donne de quoi challenger vos plans 2026 dès aujourd'hui.

Les signaux sont clairs : on parle moins de mutation que de redémarrage coordonné — avec, à la clé, une chance à ne pas laisser filer d’élargir votre valeur perçue en magasin, en ligne... et même en revente.


Partagez votre vision : La seconde main comme levier image VS levier marge : chez vous, quel poids l’emporte ?


Rédaction: Sébastien GENTY

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